Je suis la métamorphose de l'iréel

 Je suis la métamorphose de l'iréel






1. 2. 3. Je ne me présenterais pas. Je suis tout le monde sans être personne. J'erre dans cet univers virtuelle pour déposer un peu d'une vie bien réelle. Mes mots s'envolent dans une flopée de milliers de pixels, atterrissant quelques fois en désordre sur les écrans. Les lettres s'enchainent, les phrases n'ont aucun sens. Jugez-moi, car moi-même je ne sais pas qui je suis. Je ne me présenterais pas.
4. 5. 6. Je pique ma crise. Une bonne crise d'ado pour rester dans les normes. Une sérieuse crise de larmes quand rien ne va plus, quand les sanglots remontent, quand le gorge se noue. Une grosse crise de nerfs, quand le contrôle lâche, que la colère part. Mais surtout, une putain de crise de vie, quand on sait que l'été revient, quand on aime, quand on rit, quand on crie ... de joie. Je pique ma crise.
7. 8. 9. Je me remet à neuf. Un nouveau décor pour se sentir toute propre, toute belle. Une nouvelle antre pour se sentir chez soi. Y passer du temps, histoire d'aller bien. L'appeler son jardin secret, ne laisser y entrer personne mais des inconnus. Et dans l'anonymat, ne plus avoir peur de s'exposer. Ne plus avoir peur. Enfin comprendre qui l'on est, ou juste se recréer, s'inventer, se connaitre. Je me remet à neuf.



Appelez moi Sarah.

# Posté le jeudi 08 novembre 2007 19:24

Modifié le lundi 06 avril 2009 07:19

Soirée Parisienne.

Promise.Akira Yamaoka

J'ai les bras en sang et putain, ça fait mal. C'est dégueulasse, surtout, ça dégouline partout, sur la table, les touches du clavier, sur le sol et ça me salit mes habits. C'est terriblement amer, en fait, de sentir le sang me quitter et de faire mes adieux sur un ordinateur. Qu'est-ce qu'elle en à foutre, cette machine, que je jouisse ou que je crève, c'est pareil. Mais y a une chose dont je suis sure, tant soit peu qu'elle en ait quelque chose à faire, elle en a autant à faire qu'un Homme. C'est flatteur quand même, la comparaison machine homme, n'est-ce pas ? C'est surtout flatteur pour l'Homme.

J'me souviens, j'avais 14 ans que je voulais m'inscrire à la Star Académie. Je voulais y entrer parce qu'ils ont un beau château avec un grand toit et un petit balcon. Devenir célèbre, une célèbre intouchable derrière les écrans. Et puis un soir, au coucher du soleil, mettre une belle robe blanche et en même temps que le soleil, tomber du haut du toit. Et le ciel sera rouge et noir et moi, morte dans ma robe blanche, ce sera beau. Et puis les téléspectateurs seront horrifiés, ils jouiront devant leurs écrans, criant Mon Dieu ! en se cachant les yeux en espérant que je journal télévisé rediffusera les images. Un tel contraste avec mon geste, si doux, poétique et pure et leur cruauté bestiale. Et je les aurais eu et ils ne m'auront plus jamais.

Ma tête me fait mal, mais mon corps attend que je finisse d'écrire avant de m'emporter, il est bien gentil pour une fois. Je voulais faire mes adieux mais finalement, je ne sais pas vraiment à qui. Personne vraiment ne les mérite, je ne vois personne à qui j'aimerais faire ce plaisir. Je ne veux pas que qui que se soit puisse se venter par la suite de m'avoir connu. Même si je sais que nombreux seront ceux qui auront ce culot.
Je fais me adieux au monde. C'est tout. Parce que moi, je ne fais pas cet amalgame entre les Hommes et le monde. Ce dernier n'y peut rien. Elle ne m'a rien fait, la nature, et si j'avais plus tenu à ma vie, c'est dans ses bras que je me serais réfugiée.

A vous, je n'ai rien à dire, pas plus que ce que vous ne me disiez. Votre éducation m'a fait comprendre que c'est normal de vouloir mourir.
Eh bien, que je sois banale pour l'éternité.



Soirée Parisienne.

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 21:20

Modifié le dimanche 15 mars 2009 21:09

Sonné et Mal foutu.

Sonné et Mal foutu.
Do you have a little time.Dido

Je me vois devant la gare de l'est à contempler l'avenue qui file devant moi et le défilé des voitures. Paris me Manregarde. Je suis adossée contre un poteau, j'écoute Air et j'attends. Mon train part à 14h09. Je n'ai plus qu'à regarder cette ville droit dans les yeux et dans le coeur et attendre là, contre ce poteau. J'ai envie de rire et de pleurer en même temps, très fort aussi, de retourner dans les bras de cette ville. J'ai envie de chialer ma race et tant pis. J'ai pas la force de rentrer. Les gens sortent par les portes et s'engouffrent dans des taxis, valises en main, et je me dis que moi, je vais m'engouffrer dans un train pendant qu'ils seront dans leurs appartements ou ailleurs. Peut-être couchés dans l'herbe avec des livres et de la musique. J'ai envie de fumer. De sortir ma boîte à coeurs, d'avoir un briquet. Je pense à une corde et à des mots simples, à ce bouquin, ce putain de bouquin et tout est relié. Et je pense à un milliard de choses, à cette folie. A Good Bye Lenin avant mon départ, à la musique. Qui me rend dingue. A mon TER vide de 5h quelque chose et au quai de Metz une heure plus tard, au TGV pour Paris et tout s'enchaîne, je pense à ma voisine de train qui murmurait des chansons africaines à son bébé pour qu'il s'endorme, à ma tête détestable dans le miroir, à du piano, à toi encore à Chatelet (!), à mes contemplations de la gare en attendant. à râler après mon sac bleu mais je déteste les sacs à dos. Je pense à ma robe, à nos chaussures, nos talons et nos pieds suicidés, aux escaliers de Montmartre, au ciel de Paris, à nos thés + Tarte citron + Dessert fraise et mascarpone + nos laits chauds + nos religieuses Cerise et violette chez Ladurée près de la cheminée du 1er étage, à nos bouteilles et au champ de mars, aux espagnols près d'un bar, d'un quartier mais je ne sais plus, au café de flore, à des gueuleries philosophiques et au clochard qui voulait ma vodka mais non, au pont des Arts, à la veste marron, aux chaussures blanches, à un permis de conduire, des parfums mais seulement ça, à par terre sous un abribus, le plan de Paris en main pendant que tu dormais, et je te secoue mais tu ne te réveilles pas, et je comprends plus rien à Paris, on est perdues et je m'en fous, au Noctilien 24 qui n'allait pas dans le bon sens, à mes doigts sur mon téléphone, à mes pieds nus dans Paris, "Tu parles Norvégien!" "Oui!". Je pense à mon anglais fabuleux qui sortait de jenesaisoù, et tout est désordonné, au café des beaux-arts vide et glauque, à nous chantant Don't Look Back Into the Sun dans L'escalator du métro et puis Dakota et puis Amy Winehouse, aux deux inconnus autour de moi qui me protégeait du type défoncé que j'allais frapper, big up mon frère mais dégage. "Elle est avec moi" "Merci" "Le Noctilien N122 est là-bas" "Oh putain merci merci merci" "Il est parti par le N11, on n'a rien pu faire". Il est 5h Paris s'éveille. Non il est 6h, le bus est là, les lumières de Paris s'éteignent, et je vois la Seine et la clarté est parfaite... mais parfaite... Paris tu m'as tuée. D'amour.

A mes rêves. A mes envies. Au piano.

# Posté le samedi 10 novembre 2007 23:04

Modifié le dimanche 15 mars 2009 21:14

Au pied du Mur.

Au pied du Mur.
Do you spin me round.Dope

L'article sur la fac chez C. m'a fait me dire que peu importe dans quelle ville on étudiait, et je le sais aussi pour avoir été dans une autre fac avant le retour at home, il y a des cas. Qu'ils soient profs ou étudiants, il y a des cas qui resteront un mystère pour nous. Toujours.

Première année : le psychopathe.

Alors que parfois j'ai une petite tendance à exagérer certaines choses, en l'occurrence ici, le terme est pesé.

Par hypothèse, imagine que c'est la fin d'un cours, que tout en rangeant tes affaires tu discutes avec tes potes, que par conséquent l'opération sortie de l'amphi prend une bonne dizaine de minutes. Imagine que tu remarques qu'un garçon te tient la porte depuis ces 10 minutes. Soit il est prêt à tout pour te plaire soit il est psychopathe. Même si la première n'a jamais été contredite, on saura par la suite que cette dernière hypothèse est la bonne. Imagine ensuite qu'après qu'il ait fait son beau en te tenant la porte 10 minutes, il monte les marches avec toute la fierté de "gentleman" qu'il a accumulé par ce geste, et qu'il se vautre lamentablement dans les escaliers. Ca en fait pas quelqu'un d'encore plus psychopathe, mais ça t'aura bien fait rire.

Par hypothèse, imagine un garçon assis toujours tout seul dans un amphi. Jusque là, aussi "triste" que ça puisse être (triste n'est pas le bon terme, si t'en trouves un mieux tu me fais signe), rien d'exceptionnel. Mais imagine un mec assis tout seul qui rigole tout seul en plein cours. Et pas qu'une fois, régulièrement. Et sans qu'il n'y ait rien de drôle dans le cours. Imagine, un peu plus tard dans l'année, c'est-à dire une fois que tout le monde a compris ce qu'il était -un psychopathe-, que ce même individu est assis sur un strapontin, à une place définie sur une rangée rien que pour lui. Déjà, là, tu sais qu'une rangée complète laissée à un seul mec à la fac c'est suspect tellement les places "sont chères". Seulement, imagine maintenant qu'en plein milieu du cours le mec se lève et s'assoie à la place d'à côté. Tu ne comprends pas pourquoi il fait ça mais il le fait. Et il réitère l'opération jusqu'à ce qu'il arrive à l'autre bout de la rangée. Tout le monde le voit, personne ne comprend. C'est la fin du cours, tout le monde s'en va, et personne n'aura jamais compris. Imagine encore qu'à chaque cours, l'individu psychopathe s'assoit derrière une personne, fille ou garçon mais généralement fille si mes souvenirs sont bons. Maintenant, imagine toi en cours, assis(e) tranquillement, mais avec un truc qui te gratouille le cou, les cheveux, ou le haut du dos. Tu auras compris que la gratouille en question provenait de la main du psychopathe.

Imagine toi que toutes ces choses sont véridiques et qu'elles ont été toutes réalisées par la même personne. Imagine toi que j'ai vécu ça et tu comprendras mieux mon léger déséquilibre mental.

Première année :
"la vieille".

Quand j'ai débarqué en 1ère année, au début je trouvais ça méchant ce surnom que tous les étudiants précédents lui avait donné : la vieille. Mais il faut savoir que la vieille était une institution à part entière. Il était fortement conseillé de ne jamais lui adresser la parole. Va savoir ce qui m'a pris, un jour je lui ai dit bonjour. Malheur. 10 minutes après je savais tout de sa vie et je pouvais plus m'en défaire. Comme elle m'avait trouvée sympa, elle me "coinçait" dans les couloirs et ne manquait pas une occasion de me raconter les derniers détails de sa vie. Plusieurs choses à savoir sur la vieille : quand je suis partie de cette fac, la vieille en était à sa 4è ou 5è première année ; la vieille avait un visage à pustules ; elle adorait porter sa robe violette et son gilet vert ; elle ne parlait pas un mot d'anglais (ce qui se comprend) et la seule phrase que je l'ai entendue dire au prof un jour, qui n'avait rien à voir avec ce dont on débattait, a été "like in harry potter". Là, je crois que t'as bien cerné le phénomène. Maintenant t'as plu qu'à ajouter à tout ça le fait qu'elle s'endormait en cours et qu'elle ronflait d'une façon peu discrète, telle un moteur de tracteur. Ca nous a d'ailleurs valu de bons fou-rires avec le prof.

Deux ans plus tard :
le prof complètement barré.

Un jour, ça prévient pas, le prof a dû oublier de prendre sa petite pilule et pète un câble alors qu'on est son dernier cours de la journée et qu'on est censé rester ensemble jusqu'à 19h20. Il arrête de parler, il se lève, monte les marches une à une, arrive en haut de l'amphi. Bien sûr, plus personne ne parle, le silence est maître et tout le monde dit ouf une fois que le prof a passé ta rangée. Sauf qu'une fois en haut de l'amphi, ça tombe sur le coin du nez de tout un groupe qui parlait. Ca devait bien finir par tomber d'ailleurs. Le prof redescend. Il se rassoit. Il reprend son cours. Et il ne finit pas dire "vous m'énervez", il range ses affaires et se barre. A 1/2h de la fin. Et on est tous restés 5 minutes comme des cons à se demander ce qu'il nous faisait. C'était son premier pétage de câble c'est pour ça. Un jour, en plein cours, il en est arrivé à parler de Withney Houston qui avait mis aux enchères la fin d'un de ses sandwiches. Je te rappelle que je fais du Droit, parce-que là ce n'est pas clair comme de l'eau de roche et je sens que tout le monde doute. Donc, il en vient à parler d'elle et il se met à s'emballer comme t'as jamais vu un prof s'emballer en parlant d'une "pseudo célébrité". Tu le vois devenir de plus en plus rouge, il s'emballe, la température monte. Il range ses affaires et quitte l'amphi sans dire un mot. Soit.

J'en ai encore en stock des rencontres avec des gens bizarres, mais je choisis de ne pas vous les faire partager, c'est déjà bien assez je crois. Vous comprendrez mieux ma méfiance naturelle à l'égard des gens maintenant. Ce n'est pas comme si ça avait commencé dès le collège quand l'exclu de la classe m'avait écrit un poème qui disait qu'il fantasmait sur les bretelles de mon soutien-gorge qu'il voyait parce-que j'étais en débardeur. En même temps au mois de juin, je n'allais pas mettre un col roulé. Oui, rappelle toi, au collège on avait cours jusqu'à fin juin. Maintenant, fin juin, ça fait déjà 2 mois de grandes vacances de passés.

Conclusion générale : oui, je sais, ça fait peur.

Imagine toi que j'ai vécu tout ça la même année !! Tu comprendras pourquoi il a fallu que j'ai fuis ce petit monde là à grande vitesse, et donc comment j'ai atterri dans une autre maison, loin. Et ben, même loin, le phénomène continue.

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 00:21

Modifié le dimanche 15 mars 2009 21:20